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L’interfile moto, est-ce bien autorisé en 2026 ?

Pelletier

14/05/2026

L’interfile moto, est-ce bien autorisé en 2026 ?

Qu’est-ce que l’interfile moto ?

Depuis plusieurs années, les motards en milieu urbain pratiquent une manœuvre connue pour gagner du temps dans les embouteillages : circuler entre les files de voitures à l’arrêt ou en très faible vitesse. Cette pratique, longtemps tolérée sans cadre clair, porte un nom : la CIF, ou circulation inter-files.

Elle permet aux deux-roues motorisés de moins d’un mètre de large de circuler entre les files les plus à gauche, à condition de respecter certaines règles de sécurité et de vitesse. Ce n’est pas un privilège, mais une adaptation de la réglementation routière à une réalité du terrain.

Le terme « interfile » est souvent utilisé par les usagers, tandis que l’administration parle de CIF. En anglais, on parle de filtering ou lane splitting, bien que ces expressions recouvrent parfois des réalités différentes selon les pays. En France, après deux phases d’expérimentation concluantes menées notamment en Île-de-France, Rhône-Alpes et PACA, une évolution majeure est intervenue : la généralisation légale de la CIF sur le réseau autoroutier et les routes à chaussées séparées.

Ce changement, acté par le décret n° 2025-33 du 9 janvier 2025, a inscrit cette pratique dans l’article 412-11-3 du Code de la route.

Vérifiez si vous pouvez pratiquer l’interfile

Répondez à ces trois questions pour savoir si votre trajet et votre véhicule sont compatibles avec la CIF.

Où est autorisée l’interfile moto en 2026 ?

Moto circulant entre deux files de voitures sur une route à chaussées séparées par un terre-plein central

La légalisation de l’interfile ne signifie pas que cette pratique est permise partout. Elle est strictement encadrée géographiquement. L’interfile est autorisée uniquement sur les routes à chaussées séparées par un terre-plein central, disposant d’au moins deux voies dans chaque sens, et dont la vitesse maximale autorisée se situe entre 70 km/h et 130 km/h.

Cela inclut la majorité des autoroutes et certains grands boulevards urbains répondant à ces critères.

Un cas particulier concerne le périphérique parisien. Bien que la vitesse y soit souvent inférieure à 70 km/h, une dérogation locale de l’autorité de police autorise la pratique de la CIF. Cette exception souligne l’adaptation locale de la réglementation à des réalités de circulation spécifiques.

En revanche, l’interfile reste interdite sur les routes secondaires, en centre-ville sans séparation centrale, sur les voies en travaux, ou lorsque la chaussée est couverte de neige ou de verglas. Ces restrictions visent à protéger les usagers vulnérables et à éviter les situations dangereuses.

Quels véhicules peuvent pratiquer l’interfile ?

La règle principale concerne la largeur du véhicule : seuls les deux et trois-roues motorisés de moins d’un mètre de large peuvent légalement pratiquer la CIF. Cette limite, fixée à l’article 412-11-3 du Code de la route, exclut certains modèles équipés de valises latérales larges, les side-cars, ou certains customs très imposants. Il est donc essentiel de mesurer la largeur totale de sa moto, y compris les accessoires, avant de s’engager dans cette pratique.

Il n’y a pas de restriction liée à la puissance du moteur ou à la catégorie du permis. Un cyclomoteur de 50 cm³ ou une grosse GT de 1200 cm³ peuvent pratiquer l’interfile, pourvu qu’ils respectent la limite de largeur. Cette neutralité technologique vise à ne pas pénaliser certains types de motards.

Toutefois, la responsabilité du conducteur reste engagée : s’il est constaté que le véhicule dépasse la largeur autorisée, même de quelques centimètres, la pratique devient illégale.

Testez vos connaissances sur l’interfile

Question 1 : Sur quelle type de route l’interfile est-il autorisé ?

Quand et comment pratiquer l’interfile ?

La pratique de la CIF n’est autorisée que lorsque la circulation est dense, avec des files ininterrompues, et que la vitesse des véhicules est inférieure à 50 km/h ou à l’arrêt. La moto doit circuler uniquement entre les deux files les plus à gauche. Toute autre configuration, comme circuler entre la voie centrale et la voie de droite, est strictement interdite.

Cette règle vise à limiter les interactions dangereuses avec les voitures qui pourraient changer de file.

En matière de vitesse, deux seuils s’appliquent. Si le trafic est ralenti mais en mouvement, la vitesse maximale en interfile est fixée à 50 km/h. Si l’une des files est à l’arrêt, cette limite est abaissée à 30 km/h.

Ces plafonds ont été définis pour permettre une réaction rapide en cas de freinage ou d’ouverture de portière. D’autres interdictions importantes : il est formellement interdit de dépasser un autre deux-roues en interfile, ou de forcer le passage si l’espace n’est pas suffisant. Dès que le trafic se fluidifie et que les véhicules roulent à plus de 50 km/h sur une voie, le motard doit réintégrer normalement la circulation.

Pourquoi cette réglementation a-t-elle été mise en place ?

La décision de généraliser l’interfile n’a pas été prise à la légère. Elle s’appuie sur plusieurs années d’expérimentation et sur un rapport d’évaluation du CEREMA. Trois raisons principales ont motivé cette évolution : la sécurité routière, la fluidification du trafic, et la reconnaissance d’une pratique déjà largement répandue.

En encadrant la CIF, l’État vise à réduire les comportements à risque tout en permettant aux motards de circuler plus efficacement.

Les rapports indiquent une accidentalité stable dans les zones expérimentales, à condition de respecter les règles, notamment la vitesse. Le risque d’accident est principalement lié aux conducteurs qui ne respectent pas les conditions de pratique. C’est pourquoi une verbalisation par vidéo est désormais possible, même sans interception directe.

Cette mesure dissuasive vise à renforcer le respect du cadre légal et à protéger tous les usagers de la route.

Quelles sanctions en cas de non-respect ?

Le non-respect d’au moins une des conditions de la CIF constitue une contravention de 4e classe, assortie d’une amende forfaitaire de 135 € et du retrait de 3 points sur le permis de conduire. Cette sanction s’applique même aux conducteurs en permis probatoire.

Contrairement à certaines infractions mineures, celle-ci peut être constatée par vidéo-verbalisation, sans nécessiter l’interception du véhicule. Cela signifie que des caméras fixes ou embarquées peuvent relever l’infraction à tout moment.

Les forces de l’ordre peuvent également intervenir directement lors de contrôles routiers. Le fait de circuler en interfile avec un véhicule dépassant un mètre de large, ou de dépasser un autre deux-roues en interfile, suffit à engager une procédure. Ces dispositions visent à rendre la réglementation effective et dissuasive, tout en assurant la sécurité de tous.

Bonnes pratiques pour une interfile en sécurité

Motard portant un gilet rétro-réfléchissant et circulant entre deux files de voitures

Même dans un cadre légal, la sécurité dépend largement du comportement du motard. Rester visible est fondamental : feux de croisement allumés en permanence, vêtements clairs ou dotés de bandes rétro-réfléchissantes. Les automobilistes ne regardent pas toujours dans leurs rétroviseurs, surtout lorsqu’ils changent de file.

En anticipant ces mouvements, en maintenant une distance de sécurité suffisante, et en adaptant sa vitesse à la densité du trafic, on réduit fortement les risques d’accident.

La courtoisie joue aussi un rôle clé. Un signe de remerciement à un automobiliste qui vous laisse passer améliore la cohabitation entre usagers. Il est également conseillé d’éviter l’interfile par mauvais temps, même si la loi ne l’interdit pas expressément dans tous les cas.

Sur chaussée mouillée, la distance de freinage augmente, et la visibilité des autres conducteurs diminue. La prudence reste la meilleure alliée du motard.

Que faire si un automobiliste vous bloque ?

Il peut arriver qu’un conducteur, inconscient de la réglementation ou hostile à la présence des deux-roues, refuse de vous laisser passer. Dans ce cas, la règle est claire : ne jamais forcer le passage. C’est non seulement dangereux, mais aussi interdit par la loi.

Le meilleur réflexe est d’attendre patiemment que la situation se débloque, ou qu’un autre conducteur vous fasse de la place. Si le comportement est agressif, il est préférable de se tenir à distance et de signaler l’incident aux forces de l’ordre si les circonstances le permettent.

La cohabitation routière repose sur le respect mutuel. En adoptant une attitude calme et responsable, le motard contribue à faire accepter la pratique de l’interfile par l’ensemble des usagers. C’est en respectant les règles, même face à des comportements contraires, que cette avancée pourra perdurer.

Bon à savoir

Les panneaux de signalisation spécifiques à la CIF sont progressivement installés sur les axes concernés. Ils indiquent la possibilité de circuler entre les files les plus à gauche, sous réserve de respecter les conditions de vitesse et de largeur.

Questions fréquentes

L’interfile moto est-elle légale en France ?
Oui, depuis le 11 janvier 2025, la circulation inter-files est légale sous conditions, selon l’article 412-11-3 du Code de la route.

Peut-on pratiquer l’interfile en ville ?
Non, sauf sur des axes spécifiques comme le périphérique parisien. Elle est interdite en centre-ville et sur les routes secondaires.

Quelle est la vitesse maximale en interfile ?
50 km/h si le trafic est ralenti, et 30 km/h si une file est à l’arrêt.

Peut-on doubler un autre deux-roues en interfile ?
Non, c’est strictement interdit. Il est également interdit de forcer le passage.

Quelles sont les sanctions en cas de non-respect ?
Une contravention de 4e classe, une amende de 135 € et le retrait de 3 points sur le permis.

La vidéo-verbalisation est-elle possible ?
Oui, cette infraction peut être constatée par caméra, sans interception directe.

Quels véhicules sont concernés ?
Les deux et trois-roues motorisés de moins d’un mètre de large, quelle que soit leur puissance.

L’interfile est-elle autorisée par temps de pluie ?
La réglementation n’interdit pas formellement l’interfile par mauvais temps, mais elle est déconseillée pour des raisons de sécurité.

la pratique de l'interfile légalisée en 2025

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