Naissance d’un mythe : la création de la Motobécane Cady
La Motobécane Cady fait son apparition en 1965, au cœur d’une décennie marquée par l’essor de la mobilité individuelle en France. Conçue comme une alternative légère et accessible au VéloSolex, elle s’adresse à un public en quête d’autonomie : adolescents, étudiants, travailleurs en milieu urbain, et surtout les femmes, qui trouvent dans cette mobylette une solution simple et élégante pour se déplacer sans dépendre des transports en commun. Avec un poids plume de 27 kg sur la balance, elle se distingue par sa maniabilité et sa facilité d’utilisation, qualités rarement réunies à l’époque sur un cyclomoteur.
Le nom « Cady » s’inspire probablement des caddies de supermarché, symbole d’un mode de vie moderne et pratique. Ce positionnement marketing audacieux permet à Motobécane de s’adresser à une clientèle jeune et urbaine, sensible aux innovations du quotidien. Dès sa sortie, la Cady est vantée dans la presse spécialisée et à la télévision, où ses publicités mettent en avant son look épuré, ses couleurs vives et son économie d’utilisation.
Ces campagnes réussissent à capter l’attention d’une génération en pleine mutation, contribuant largement à son succès commercial.
Le premier modèle, la Cady M1, se caractérise par un design sobre et fonctionnel : cadre rigide en tôle emboutie, roues de 19 pouces, moteur Isodyne 2 temps de 49,9 cm³, et une vitesse maximale limitée à 33 km/h conformément à la réglementation des cyclomoteurs. Disponible initialement en rouge bordeaux, elle attire rapidement un large public, notamment féminin, séduit par son côté minimaliste et son accessibilité. Contrairement au Solex, qui repose sur un système d’assistance pédalier, la Cady propose une motorisation plus puissante et un confort accru, marquant ainsi une rupture dans l’univers des deux-roues légers.
Calculateur d'autonomie Motobécane Cady
Estimez l'autonomie de votre Cady selon votre style de conduite.
Les différents modèles de la gamme Cady : de la M1 à la M3PRTSG
Entre 1965 et 1976, la gamme Cady évolue progressivement pour répondre aux attentes croissantes en matière de confort et de fiabilité. Chaque nouvelle version intègre des améliorations techniques qui renforcent son positionnement sur le marché. La Cady M1P, lancée en 1967, marque une première avancée majeure avec son cadre pliable, une innovation pratique pour le rangement en appartement ou dans un coffre de voiture.
Elle adopte également des roues de 16 pouces et un phare intégré au garde-boue avant, un détail fonctionnel très apprécié.
L’année 1969 voit l’arrivée de la Cady M1PRT, qui introduit les fourches télescopiques à l’avant, offrant un meilleur amortissement sur les routes inégales. Ce modèle est également le premier à être décliné en plusieurs couleurs, rouge, bleu, blanc, topaze, ce qui renforce son attrait auprès d’un public jeune et soucieux de style. En 1971, la M1PRTS ajoute des suspensions arrière, améliorant encore le confort de conduite, notamment sur les chemins de terre ou les trottoirs mal entretenus.
En 1974, Motobécane franchit une nouvelle étape avec la Cady M3PRTS, équipée du moteur Super Isodyne, plus performant et plus durable. Cette version bénéficie d’un carter renforcé, d’un allumage optimisé et d’un meilleur refroidissement. Elle est suivie presque immédiatement par la M3PRTSG, dernière mouture de la gamme, qui adopte un système de graissage séparé, une solution technique qui prolonge significativement la durée de vie du moteur.
C’est aujourd’hui cette version qui est la plus recherchée par les collectionneurs, en raison de sa rareté et de sa technicité avancée.
l’évolution des cyclomoteurs français dans les années 60 et 70
Caractéristiques techniques : un moteur 2 temps au cœur du fonctionnement
Le moteur monocylindre 2 temps refroidi par air est l’élément central de la Cady. Tous les modèles affichent une cylindrée de 49,9 cm³, juste en dessous de la limite légale des cyclomoteurs, ce qui leur permet d’échapper aux contraintes de permis et d’assurance renforcées.
La puissance est modeste, environ 2,5 chevaux, mais largement suffisante pour atteindre la vitesse réglementaire de 33 km/h. L’alimentation se fait via un carburateur Gurtner AR 1-10, réputé pour sa fiabilité et sa facilité de réglage.
L’allumage est assuré par un volant magnétique Novi, un système simple et robuste, peu sujet aux pannes. La transmission combine une courroie et une chaîne, avec un embrayage automatique qui facilite grandement la conduite, surtout pour les débutants. Le démarrage s’effectue exclusivement par pédalier, aucune version n’a jamais été équipée de kick ou de démarreur électrique, ce qui peut sembler contraignant aujourd’hui, mais était courant à l’époque.
Le réservoir de 2,8 litres permet une autonomie variant entre 100 et 120 km selon l’utilisation, une performance remarquable pour l’époque. La consommation est extrêmement faible, inférieure à 2 litres aux 100 km, ce qui en fait un véhicule économique, même avec les prix de l’essence actuels. Le mélange essence-huile se fait manuellement, sauf sur les modèles M3PRTSG, où le graissage est séparé, une avancée significative en termes de maintenance et de longévité.
Cadre, suspensions et freinage : simplicité et efficacité
Le cadre de la Cady repose sur une structure monocoque en tôle d’acier emboutie, une solution à la fois légère et rigide, idéale pour contenir les coûts de production tout en assurant une bonne tenue de route. Contrairement aux mobylettes à double berceau, cette conception simplifiée limite le poids global et facilite l’assemblage industriel. Les premiers modèles, comme la M1, n’ont pas de suspension avant ni arrière, ce qui peut rendre la conduite inconfortable sur les surfaces irrégulières.
Cette lacune est corrigée progressivement : la M1PRT reçoit des fourches télescopiques, tandis que les versions S (M1PRTS, M3PRTS) bénéficient de suspensions arrière, améliorant nettement le confort. Le freinage est assuré par un patin sur la jante à l’avant et un tambour de 70 mm à l’arrière. Si ce système est rudimentaire, il s’avère suffisant pour une machine limitée à 33 km/h, surtout en milieu urbain.
Les pneus de taille 23 x 2 sont petits mais offrent une bonne accroche sur les routes sèches. Ils sont faciles à remplacer, et des versions modernes compatibles sont toujours disponibles chez les spécialistes de la pièce détachée. Ce choix technique reflète une philosophie claire : simplicité, légèreté, fiabilité.
La Cady n’a jamais cherché à rivaliser avec les motos de route, mais à offrir une solution pratique, économique et accessible à tous.
Quiz : connaissez-vous la Motobécane Cady ?
Question 1 : Quelle était la cylindrée de la Motobécane Cady ?
Pourquoi la Cady a-t-elle marqué son temps ?
Plus qu’un simple cyclomoteur, la Cady est devenue un symbole culturel des années 60-70. Sa présence massive dans la publicité télévisée et la presse jeunesse en a fait un objet de désir pour toute une génération. Contrairement au VéloSolex, perçu comme un véhicule utilitaire, la Cady incarne une certaine modernité, un style, une liberté retrouvée.
Elle a également joué un rôle d’émancipation, notamment pour les femmes, qui y trouvaient un moyen de se déplacer en toute autonomie, sans dépendre d’un homme ou des transports en commun.
Moins bruyante que ses concurrentes, légère et facile à garer, elle était idéale pour les trajets courts en ville. Elle a également eu un impact direct sur le marché du VéloSolex, dont les ventes ont fortement chuté à son arrivée. Aujourd’hui, elle continue d’inspirer designers, collectionneurs et amateurs de vintage.
Son design épuré, mi-vélo mi-moto, reste d’une actualité frappante, preuve qu’une bonne idée, même simple, peut traverser les décennies.
Où trouver une Motobécane Cady aujourd’hui ?
Avec le regain d’intérêt pour les objets vintage et la restauration mécanique, la Cady connaît un nouvel essor. Sur des plateformes comme Leboncoin ou des sites spécialisés en pièces détachées comme 50factory, on trouve régulièrement des modèles complets, en état de marche ou à restaurer. Les prix varient en fonction de l’état, du modèle et de la rareté : entre 300 et 500 € pour un modèle à remettre en route, de 600 à 1 000 € pour une restauration soignée, et plus de 1 500 € pour des versions rares comme la M3PRTSG.
comment choisir sa première moto 125cc
Entretenir et restaurer une Cady : conseils pratiques
Restaurer une Motobécane Cady est une expérience enrichissante, accessible même aux amateurs. Le moteur Isodyne, bien que simple, demande une attention particulière : vérifiez l’état du piston, de la culasse et du carburateur. Les joints doivent être remplacés pour assurer l’étanchéité.
La transmission, composée d’une courroie et d’une chaîne, nécessite un nettoyage régulier et un graissage adapté. Les freins, surtout les patins avant, s’usent vite et doivent être inspectés fréquemment.
En ce qui concerne la carrosserie, des kits de décoration complets sont disponibles en ligne, permettant de retrouver l’aspect d’origine. Pour les pièces mécaniques, des sites comme 50factory proposent un large catalogue, des pneus aux phares en passant par les garde-boues. La communauté des passionnés est active, notamment sur des forums spécialisés, où les conseils circulent librement.
Avec un peu de patience et de savoir-faire, il est tout à fait possible de remettre en route une Cady après des décennies d’immobilisation.
La Cady aujourd’hui : entre collection et usage quotidien
Bien qu’interdite de circulation pour les mineurs depuis les années 2000, la Cady reste une machine homologuée si elle est en bon état et conforme aux normes en vigueur. Certains passionnés l’utilisent encore pour des trajets courts, notamment en milieu rural ou dans les zones piétonnes. Mais sa véritable vocation aujourd’hui est celle de l’objet de collection.
Présente dans de nombreuses expositions de motos anciennes, elle attire toujours autant de curieux, fascinés par son design minimaliste et son histoire singulière.
Que vous soyez amateur de mécanique, collectionneur ou simplement nostalgique d’une époque révolue, la Motobécane Cady mérite une place de choix dans l’histoire des deux-roues français. Elle incarne une certaine idée de la liberté, simple, économique, accessible à tous.
Questions fréquentes
Quelle est la vitesse maximale d’une Motobécane Cady ?
La vitesse maximale est limitée à 33 km/h, conformément à la réglementation des cyclomoteurs en vigueur à l’époque.
Quel est le poids d’une Cady ?
Le poids à sec varie entre 24 et 27 kg selon les modèles, ce qui en fait une mobylette très légère et maniable.
Quelle est la cylindrée du moteur ?
Tous les modèles sont équipés d’un moteur 2 temps de 49,9 cm³.
Quelle est la consommation d’essence ?
La consommation est inférieure à 2 litres aux 100 km, ce qui en fait un véhicule très économique.
Où peut-on trouver des pièces détachées ?
Des sites spécialisés comme 50factory proposent un large choix de pièces d’origine ou compatibles.
Quel est le meilleur modèle à collecter ?
La M3PRTSG, avec son graissage séparé et son moteur Super Isodyne, est la version la plus recherchée par les collectionneurs.