De Thonon-les-Bains à Menton : le tracé historique de la RGA
La Route des Grandes Alpes (RGA) s’inscrit dans un héritage routier unique, né dans les années 1930 pour offrir un lien direct entre le lac Léman et la Méditerranée. Ce n’est pas une route nationale classée, mais un itinéraire touristique balisé par des panneaux blancs sur fond bleu, reconnaissables au premier coup d’œil. Il traverse six départements, Haute-Savoie, Savoie, Hautes-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes, et relie Thonon-les-Bains à Menton sur environ 720 kilomètres.
Le parcours emprunte des routes départementales soigneusement sélectionnées pour leur qualité de bitume, leur sécurité et surtout leurs panoramas. Il n’est pas conçu pour la vitesse, mais pour la découverte progressive : du climat alpin aux senteurs méditerranéennes, en passant par les villages perchés, les forêts de mélèzes et les hauts plateaux venteux. Chaque tronçon raconte une histoire différente, et c’est cette diversité qui attire chaque année des centaines de motards venus du monde entier.
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Les cols incontournables : un palmarès d’altitude et de légende
Le cœur battant de la RGA réside dans ses 17 cols, dont plusieurs figurent parmi les plus hauts d’Europe. Chaque franchissement est une étape symbolique, une victoire personnelle face à la pente, au vent et aux conditions changeantes. Le col de l’Iseran, à 2 764 mètres, domine le peloton : c’est le plus haut col routier d’Europe ouvert à la circulation.
Son ascension depuis Bourg-Saint-Maurice est longue mais progressive, tandis que la descente vers Val-d’Isère exige une maîtrise parfaite des freins.
Non loin, le col de la Bonette atteint 2 715 mètres à la Cime, offrant un panorama à 360 degrés sur les Alpes du Sud. Ce passage, sinueux et peu fréquenté, est un terrain de prédilection pour les photographes et les amateurs de silence. Plus au sud, le col du Galibier et le col du Télégraphe forment un duo légendaire, souvent emprunté lors du Tour de France.
Leur ambiance est différente : ici, on sent l’histoire du cyclisme, les stèles, les cris des supporters imaginaires.
Le col d’Izoard surprend par ses formations rocheuses lunaires, tandis que le col de Turini en fin de parcours ravit les pilotes confirmés avec ses épingles serrées, célèbres lors du rallye Monte-Carlo. Pour profiter pleinement de ces cols, il est recommandé de les aborder tôt le matin, avant l’arrivée des bus touristiques et des cyclistes en colonne.
Itinéraire sur 5 jours : un roadtrip réaliste et enrichissant
Voici un exemple d’organisation sur 5 jours, idéal pour les motards qui souhaitent allier découverte, confort et sécurité, sans se presser.
Jour 1 : Thonon-les-Bains → Beaufort (180 km)
Départ au bord du lac Léman, ambiance lacustre et douceur des premiers virages. Les cols du jour, col des Gets, col de la Colombière, col des Aravis, offrent une mise en jambe progressive. Arrivée à Beaufort, village typique de Haute-Savoie, parfait pour une première immersion culinaire avec une tomme de Savoie ou une croziflette.
Jour 2 : Beaufort → Valloire (150 km)
Montée vers l’altitude avec le cormet de Roselend et son lac turquoise, puis attaque du col de l’Iseran. L’air se raréfie, les paysages deviennent minéraux. Prévoir une veste thermique, car même en été, il peut faire moins de 5 °C au sommet.
Nuit à Valloire, village alpin authentique.
Jour 3 : Valloire → Barcelonnette (180 km)
Passage par le col du Galibier et le col du Lautaret, avec vue imprenable sur la Meije. Ensuite, direction le col d’Izoard, lieu mythique aux roches sculptées par le temps. Pause possible à Briançon, la plus haute ville de France.
Nuit à Barcelonnette, porte d’entrée des Alpes du Sud.
Jour 4 : Barcelonnette → Saint-Martin-Vésubie (200 km)
Traversée du col de la Cayolle, route étroite et sauvage, puis le col de Valberg et le col de Turini. Ce dernier, avec ses épingles abruptes, est un véritable défi technique.
Ambiance méditerranéenne en approche. Nuit dans ce village perché, idéal pour observer les étoiles.
Jour 5 : Saint-Martin-Vésubie → Menton (110 km)
Descente finale vers la mer. Les oliviers, les mimosas et les senteurs du sud annoncent la fin du périple. Arrivée à Menton, sur les quais, avec vue sur la Méditerranée.
Un café en terrasse pour savourer l’instant, après cinq jours de montagne, c’est une récompense bien méritée.
Quel type de motard êtes-vous sur la RGA ?
Question 1 : Comment abordez-vous un col en montée ?
Équipement et préparation : ce qu’il faut vraiment emporter
La RGA est accessible à la plupart des motos, trail, routière, sportive, mais elle exige une préparation rigoureuse. L’un des défis majeurs est l’amplitude thermique : on peut passer de 25 °C au bord du lac Léman à moins de 5 °C au sommet de l’Iseran. Une veste imperméable et thermique amovible est donc indispensable, tout comme des gants étanches pour les descentes humides.
Le pantalon moto avec protections intégrées doit être adapté au climat changeant : privilégiez un modèle démontable. Le casque intégral ou modulable avec visière anti-buée est fortement recommandé, surtout dans les zones de brouillard fréquent comme le col de la Bonette.
Sur le plan technique, vérifiez l’usure des pneus, le niveau d’huile et de liquide de frein, ainsi que l’état de la batterie. En altitude, les démarrages peuvent être capricieux. Enfin, surveillez l’autonomie en carburant: certaines stations sont éloignées, notamment entre le col de l’Iseran et Valloire.
Une moto avec moins de 200 km d’autonomie nécessite une vigilance accrue.
Hébergement et restauration : où dormir et quoi manger
Le long de la RGA, l’offre d’hébergement est variée. À Valloire, l’Hôtel de l’Aiguille Noire propose un bon rapport qualité-prix avec un parking sécurisé. À Barcelonnette, un Airbnb dans la vallée de Saint-Pons offre calme et espace.
Pour une pause luxe, l’Avancher Hôtel & Lodge à Val-d’Isère est une référence.
Côté restauration, chaque région a ses spécialités. En Savoie, goûtez la croziflette, crozets, reblochon, lardons et crème. En Haute-Provence, la tarte au sucre est un délice simple et réconfortant.
À Menton, ne manquez pas les oursins et la socca. Et pour terminer la journée comme les locaux, un verre de genepi, liqueur maison à base d’armoise, est un rituel apprécié, à consommer avec modération.
Sécurité et conseils pratiques pour un voyage serein
La RGA n’est pas dangereuse, mais elle exige vigilance. La météo peut changer rapidement : pluie, brouillard, voire neige résiduelle jusqu’en juin. Les routes étroites du col de la Bonette ou du col de Turini nécessitent une conduite prudente.
Rouler tôt le matin permet d’éviter les bus touristiques et les cyclistes.
Un GPS avec traces GPX est recommandé, car les panneaux de la RGA ne sont pas toujours bien visibles. L’application Liberty Rider peut détecter automatiquement une chute et alerter les secours, un atout précieux en zone isolée. Enfin, ayez toujours de la monnaie: certains snacks d’altitude n’acceptent pas la carte bancaire.
Bon à savoir
Les cols de la RGA sont généralement ouverts de juin à septembre. Vérifiez leur état via l’application Bison Futé ou les sites des préfectures avant de partir.
Alternatives et variantes : personnaliser son itinéraire
La RGA peut être adaptée selon votre temps et votre niveau. Pour un format 3 jours, concentrez-vous sur les étapes majeures : Thonon → Valloire → Barcelonnette → Menton. Pour un 7 jours, ajoutez des détours comme le lac d’Aiguebelette, la vallée de la Clarée ou le lac de Serre-Ponçon.
Une boucle complète de 1 200 km est possible en revenant par les Alpes italiennes, via le col de l’Échelle ou le col du Mont-Cenis. Cela permet d’ajouter une dimension culturelle et gastronomique supplémentaire à l’aventure.
Vous pouvez aussi vous inspirer des itinéraires de motards expérimentés pour ajuster votre rythme selon votre style de conduite, en privilégiant les routes les plus sinueuses ou les paysages les plus sauvages.
Questions fréquentes
Quelle moto choisir pour la Route des Grandes Alpes ?
La plupart des motos sont adaptées : trail, routière, sportive. L’essentiel est d’avoir une bonne tenue sur route, une autonomie suffisante et un équipement adapté aux changements de climat.
Quand est la meilleure période pour faire la RGA ?
De juin à septembre, tous les cols sont généralement ouverts. Évitez mai et octobre, où certains cols comme l’Iseran peuvent encore être fermés.
Faut-il un équipement spécial pour les cols ?
Oui : veste thermique, gants étanches, casque anti-buée. La température peut chuter brutalement en altitude, même en été.
Les stations-service sont-elles fréquentes ?
Oui, mais certaines zones sont éloignées. Vérifiez votre autonomie, surtout entre l’Iseran et Valloire, ou entre Barcelonnette et Saint-Martin-Vésubie.
Peut-on faire la RGA en débutant ?
Oui, à condition de rouler à son rythme, de bien se reposer et d’éviter les heures de forte affluence. Privilégiez les départs matinaux.
Y a-t-il des risques de verglas ou de neige ?
En début de saison (juin), il peut rester des plaques de neige résiduelle sur les cols les plus hauts. Soyez vigilant, surtout au petit matin.
Les villages le long de la RGA acceptent-ils les cartes bancaires ?
La majorité oui, mais certains snacks d’altitude ou petits commerces n’acceptent que la monnaie. Prévoyez toujours quelques euros en espèces.